Nicolas Sarkozy va prochainement aborder la question de
la formation des enseignants, sur laquelle "des propositions" seront faites "avant l'été", selon l'Elysée. Le président devrait confirmer l'allongement de la formation des
enseignants au niveau master (bac+5).
En contrepartie, la rémunération des professeurs en début de carrière sera revalorisée, et ce "à partir de 2012", selon l'Elysée, qui rappelle la promesse du président: que la moitié des gains
réalisés par le non-remplacement des fonctionnaires du secteur partant à la retraite retourne aux enseignants.
La "mastérisation" de la formation des professeurs devrait "entraîner, à terme, la disparition des IUFM" (Instituts universitaires de formation des maîtres), précise la
présidence, une mesure que préconisait Philippe de Villiers pendant la campagne présidentielle.
Autres sujets qui devraient être abordés par le chef de l'Etat: la réforme des études au lycée, qui sera mise en place dans les classes de seconde dès 2009, et le "baccalauréat
nouvelle formule" qui en découlera trois ans plus tard, "en 2012".
"Le baccalauréat prépare mal à l'enseignement supérieur. Nous n'avons pas assez de jeunes diplômés du supérieur en France, la série S est trop recherchée, les volumes horaires sont très
importants, jusqu'à 36 heures par semaine. Il faut aller vers un lycée plus diversifié où les élèves se préparent davantage à l'enseignement supérieur", explique une source
proche du dossier à la présidence.
Changement de formule également pour le baccalauréat professionnel: dès septembre 2009, les élèves passeront ce type de bac "sur trois ans". Cette "revalorisation", selon l'Elysée, "répond
à un besoin de notre économie, car nous n'avons pas suffisamment de techniciens spécialisés". Sur ce point, encore, le Mouvement Pour la France est totalement
d'accord.
M. Sarkozy devrait également redire que "le but" de son gouvernement est de "diviser par trois - et même davantage - l'échec scolaire d'ici 2012".
Plusieurs mesures sont envisagées dans le primaire pour y parvenir: réorganisation du temps scolaire, meilleure évaluation (l'une en CE1, l'autre en CM2), création de nouveaux
programmes "plus simples, plus clairs, plus lisibles".
Dans les collèges, l'accompagnement éducatif (études dirigées après 16H00) devrait être généralisé.
"L'éducation est une priorité absolue pour le président de la République", fait-on valoir à l'Elysée, où l'on plaide "pour une démocratisation réelle de notre école", alors que "15% des
élèves sortent du primaire avec des lacunes qu'ils ne rattraperont jamais" et que seuls "40% des enfants d'ouvriers accèdent à l'enseignement supérieur, contre 80% pour les enfants de
cadres supérieurs".
Nous nous félicitons de ces mesures nécéssaires, mais pas suffisantes (il manque encore la suppression du collège unique notamment), à la réforme du système
éducatif français.