La France ne
"défend pas sa langue" et la Francophonie est en crise : un rapport remis mercredi au gouvernement prône une offensive large et "décomplexée" du français contre
la domination anglo-saxonne, en donnant notamment plus de poids aux pays du Sud.
"La Francophonie est très peu connue. Il y a un manque de visibilité car en France on ne croit pas à la Francophonie et le pays ne défend pas sa langue", a expliqué Hervé
Bourges, auteur de ce rapport remis au secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie Alain Joyandet.
"En France même le concept de Francophonie apparaît daté, dépassé, sans écho dans les jeunes générations", écrit cet ancien haut responsable de l'audiovisuel, personnalité engagée à gauche et
militant tiers-mondiste.
Selon lui, la France porte une responsabilité dans ce "malaise" au sein de la communauté francophone, qui revendique plus de 200 millions de locuteurs, d'Haïti au Vietnam.
Pour Hervé Bourges, il faut donc "décomplexer la Francophonie", rendre plus visible les actions de l'Organisation internationale de la Francophonie qui compte 68 Etats et
gouvernements, et mener une "contre-offensive linguistique, en multipliant, comme l'ont fait les Etats-Unis, les dispositions linguistiques en marge des accords commerciaux ou diplomatiques" pour
imposer le français.
"Il faut reprendre l'offensive pour développer le français de manière décomplexée, à l'anglaise, parce que la bataille linguistique n'est pas seulement culturelle ou esthétique: c'est la
bataille dont les enjeux véritables sont l'influence politique et la croissance économique", écrit-il.
Défendant une meilleure représentation des pays du Sud, notamment de l'Afrique, majoritaires au sein de la communauté francophone, il estime qu'il faut réformer la chaîne de
télévision multilatérale (France, Belgique, Suisse, Canada) TV5Monde "pour l'ouvrir aux pays du Sud".