La victoire des Nations
La très nette victoire du NON en Irlande confirme une fois
encore ce qu'annonce de toutes parts le XXIème siècle : le grand retour des nations. Elle s'ajoute au NON que la France a opposé voici trois ans à la
supranationalité européenne, suivie par la Hollande. Elle s'ajoute aussi à tout ce que nous savions, notamment grâce à une multitude de sondages convergents, de la résistance de ce que les
peuples ont de plus précieux, le droit de disposer d'eux-mêmes, de se gouverner selon leurs principes et leurs intérêts propres, en d'autres termes leur souveraineté, qui est leur Être même. Dans
la très grande majorité des pays qui n'ont pas eu droit au référendum, ni pour le traité Giscard, ni pour son pauvre succédané de Lisbonne, les sondages indiquent un net refus du
modèle supranational, supérieur à 60% en Grande Bretagne, en Autriche, en République Tchèque, en Hongrie, en Slovaquie, au Danemark, en Suède, en Pologne, en Grèce, et
dans une moindre mesure au Portugal et en Italie. Rappelons que le OUI n'avait été victorieux qu'au Luxembourg et en Espagne- mais dans ce dernier pays, seuls 32% des inscrits ont exprimé un
timide oui, l'Eglise espagnole ayant été massivement suivie dans sa consigne d'abstention. Les oligarques de Bruxelles sont refusés par l'Europe dont ils portent si indument le nom.
A lui seul, le fier peuple irlandais, suivant les Français qui les premiers ont ouverts la voie, fait échouer pour toujours la méthode Monnet, laquelle consistait à s'en remettre au couple
infernal de Bruxelles et de Luxembourg (la Commission et la Cour) pour construire par petites touches subreptices, à l'insu des peuples et contre eux, un Etat supranational et atlantique
chapeauté par Washington. Monnet disparaît pour toujours. Son échec était d'ailleurs prévisible puisque l'entreprise revenait à créer l'Europe contre les règles élémentaires de la
démocratie, dans le temps même où l'on affirmait que ladite démocratie était son fondement même, l'ultima ratio de notre modèle politique. Cette contradiction, si caractéristique de toutes les
idéologies démentes, pouvait d'autant moins tenir que l'Europe de Bruxelles niait dans le même temps l'ensemble du substrat culturel et civilisationnel de nos nations, leurs racines chrétiennes
et leurs sources, Jérusalem, Athènes et Rome. Niant chacun de ces fondements, Bruxelles échafaudait un Etat immense au dessus du vide, ne pouvait que s'écrouler.
Les quatre conséquences
La première conséquence est immédiate et juridique. Comme le rappelle H.Védrine aujourd'hui même, tous les points de la présidence française (qu'ils soient fondés ou non, là n'est pas la
question) peuvent entrer en application sur le fondement de Nice -évidence, d'ailleurs, puisque les dispositions de Lisbonne ne se seraient appliquées qu'en 2009. Toute tentative d'appliquer le
traité de Lisbonne, alors qu'il est tout aussi caduc que la constitution Giscard l'était après le NON français, ne serait qu'une forfaiture supplémentaire, tant il est vrai que tout traité doit
être ratifié par chacun de ses signataires ou devient nul. Lisbonne est mort, Nice s'applique. Hélas, pour nos grandioses bâtisseurs, le traité de Nice fixait la répartition des voix au Conseil
et des sièges au Parlement, en sorte qu'il sera lui aussi caduc dès qu'intervient une nouvelle adhésion: ce n'est donc pas simplement Lisbonne et Nice qu'il faut remplacer mais tous les traités:
en d'autres termes, édifier un nouveau traité fondateur pour une autre Europe.
C'est la deuxième conséquence est toute entière politique. L'heure est venue de concevoir une autre Europe, respectueuse des Nations et d'organiser leur collaboration sur des nouvelles bases:
lesquelles? comme nous l'avons demandé ici plusieurs fois (c'est notre plan B que les médias refusent de prendre en compte) il faut supprimer la Commission Européenne et la Cour de
justice de Luxembourg, et placer le Conseil Européen et le Parlement de Strasbourg (à réunir, à terme, avec le Conseil de l'Europe), au service d'un ensemble de coopération entre les
Etats, en privilégiant cinq domaines où les Etats décidément ne peuvent agir seuls: une politique coordonnée de la recherche, une politique industrielle, une politique commerciale (en
réhabilitant notamment, en tout domaine, la préférence communautaire) : trois domaines clés pour assurer l'avenir des nations européennes au XXIème siècle, assortis d'une défense européenne qui
soit véritablement européenne (c'est à dire délivrée de l'OTAN), ainsi que, pour finir, une surveillance renforcée des frontières, en renfort des contrôles nationaux si mal assurés aujourd'hui
par les Etats. Cette autre Europe est possible: la France doit la proposer aux peuples, qui d'ailleurs n'en veulent aucune autre.
La troisième conséquence fut annoncée par un communiqué commun signé dès le 10 juin par mon ami Patrick Louis pour le MPF et moi-même pour le RIF : dès le 1er juillet, nous réunirons avec
les moyens du groupe Indépendance et Démocratie un Comité Permanent de Surveillance de la Présidence Française. Pas à pas, pendant six mois, nous "marquerons" ainsi la présidence
française pour nous assurer qu'aucune de ses initiatives ne s'inscrit dans le cadre du traité de Lisbonne, dont désormais, l'application est non seulement illégitime, mais illégale.
La quatrième conséquence est électorale: aujourd'hui, à un an exactement du vote, s'ouvre la campagne pour les Européennes. Le NON irlandais s'ajoute aux nombreux éléments qui,
ensemble, annoncent une belle victoire des partisans de la souveraineté nationale et populaire. Les récents débats parlementaires ont d'ailleurs prouvé : (p.e. sur les OGM ou le label Bio) les
Français commencent à comprendre que les cadres fixés sur tout sujet par Bruxelles et Luxembourg, sont si contraignants que leurs élus, qui ne s'appellent plus " le pouvoir " que par dérision,
n'ont plus grande marge -au point que les parlementaires eux-mêmes et jusqu'à bon nombre de députés UMP découvrent les conséquences de traités qu'ils ont ratifiés en catimini, et dans leur propre
brouillard; nous donnerons désormais largement la parole à ces députés UMP tout à coup éclairés. L'objectif est évidemment de réitérer le " coup de 99 " et de faire en sorte que nos
listes devancent partout celles de l'UMP.
L'Etat major UMP est aux abois. Pour éviter la probable bérézina, il a trouvé deux parades terribles: la première est la diminution du nombre des sièges français (il passera de
78 à 73) qui rendra l'élection plus difficile puisque ce sont toujours les petits partis qui ont "le nez juste au dessus de la barre" et que celle-ci sera mécaniquement relevée -il faudra pour
avoir un élu obtenir de 8 à 10% des voix selon les régions. Il n'est d'ailleurs pas exclu que nos négociateurs aient d'autant moins défendu les sièges français (à la différence de l'Allemagne par
exemple qui bien qu'elle ait déjà un nombre de sièges proportionnellement supérieur à sa population, soit 99, n'en perdra que 2, soit beaucoup moins que la France !) qu'ils entrevoyaient ainsi
l'occasion de se débarrasser nous. La seconde ruse consiste à susciter des divisions en notre sein, et spécialement des candidatures contre nos députés sortants: une manœuvre du même
genre, en 2004, a couté 3% à notre liste. Le but évidemment n'est pas d'obtenir des élus, mais de barrer les sortants, et nous empêcher d'avoir les 12 ou 15 élus possibles.
Je mets solennellement en garde tous les Français attachés à la souveraineté nationale et populaire, aux valeurs de la République et à l'indépendance de la France, contre ces manœuvres de
diversion, et plus largement contre l'esprit de désunion qui nous a déjà tant rongé, mais qui ne nous empêchera pas de vaincre : le rassemblement de toutes nos forces est plus
que jamais nécessaire pour assurer ce dont la victoire du NON le 29 mai 2005 en France et aujourd'hui en Irlande porte la promesse: la sauvegarde des patries, au premier rang desquelles la
France.













« Nous sommes tous des Irlandais »
La suppression par le Sénat du référendum
obligatoire sur la Turquie : une faute majeure.
Pour la première fois, un sondage indique que les partisans du non au référendum de ratification du traité du 12 juin sont majoritaires. Un rejet du texte paralyserait à nouveau
l'Union Européenne.
Le Mouvement pour la France (MPF) s'est
étonné vendredi de ne pas avoir été invités à participer au voyage du président Nicolas Sarkozy au Liban, comme l'ont été les autres formations représentées au Parlement.
La France ne
"défend pas sa langue" et la Francophonie est en crise
Nous nous sommes abstenus sur le texte de révision constitutionnelle soumis
aujourd'hui en première lecture au vote des députés, car il contient à la fois des éléments positifs, des dispositions inutiles et une grave omission.
au détriment du gouvernement qu'il faut le faire. C'est la toute-puissance des institutions
européennes qu'il faut impérativement rééquilibrer, pour que le peuple français ne puisse plus se faire imposer des politiques dont il ne veut pas, comme l'obligation de cultiver les OGM
en plein champ, l'interdiction d'aider nos pêcheurs face à la flambée du gazole ou l'impossibilité de moduler la TVA sur la restauration pour créer des emplois.



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