Les déclarations de Barack Obama sur la Turquie ont affolé la campagne des
élections européennes. Le Président des Etats-Unis, sans surprise aucune, s’est en effet prononcé en faveur de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Ouvrant ainsi le bal des
positions de tous les partis politiques français sur le sujet ce sujet de l’adhésion turque et notamment ceux engagés dans la campagne européenne. Il y a ceux, rigides et cohérents, qui ne
changent pas d’avis sur la question. C’est le cas de Philippe de Villiers et Frédéric Nihous, têtes de liste Libertas.
Sur ce site à votre disposition, pour information et diffusion, vous trouverez sous toutes les formes l’engagement de Libertas contre l’entrée de la Turquie en Europe :
- Les communiqués de presse de Libertas
- La prise de position en vidéo de Declan Ganley
- La pétition lancée par Libertas
Et puis il y a ceux dont la position est ambiguë voire contradictoire. Ceux qui offrent le spectacle d’une valse hésitation sur la question
turque, ceux dont le positionnement politique et l’échéance électorale priment sur les convictions. C’est le cas de l’UMP.
- Nicolas Sarkozy a accepté depuis 2007 l’ouverture de 8 nouveaux chapitres de négociation dont les deux derniers sous la présidence française de l’UE (19 décembre 2008 :
chapitre 4 (libre circulation des capitaux) et chapitre 10 (société de l’information)
- Michel Barnier, aujourd’hui candidat tête de liste en Ile-de-France UMP et ministre de l’Agriculture, se disait en 2004 (à l’époque comme ministre français des Affaires
étrangères…) favorable à l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, déclarant que "les avantages" l’emportent "sur les difficultés, (entretien au Monde du 29 septembre 2004). Va-t-il changer
de position le temps de la campagne européenne pour se conformer à la position « officielle » de son parti ?
- Bernard Kouchner, nommé Ministre des affaires étrangères par Nicolas Sarkozy était jusqu’à hier favorable à l’entrée de la Turquie : « La Turquie est en Europe (…) Les
opposants à l’adhésion avancent de faux prétextes. Il convient de tendre la main à la Turquie, le seul pays musulman à avoir su organiser la séparation entre la religion et l’Etat » déclarait-il
en 2002. Nouveau son de cloche hier chez Bernard Kouchner hier, « choqué » par l’attitude de la Turquie qui s’est opposée violemment à la nomination du danois Rasmussen comme secrétaire général
de l’Otan au motif que ce dernier avait défendu la publication des caricatures de Mahomet provoquant la colère et la violence du monde musulman. Désormais, qu’on se le dise, M.Kouchner s’inquiète
de l’évolution de la Turquie dans le sens d’une religion plus renforcée, d’une laïcité moins affirmée.
- Les députés européens UMP ont voté au Parlement les crédits de préadhésion à la Turquie (plus de 560 millions annuels, soit 96 millions par la France). Et ces accordées « sous
le manteau » sont d’autant plus choquantes qu’elles font apparaître au grand jour le double discours de l’UMP et de Nicolas Sarkozy : ils lèvent la main droite en jurant de ne pas intégrer la
Turquie dans l’Europe, mais lui tendent discrètement la main gauche pour lui distribuer généreusement les économies dont les Français ont aujourd’hui tant besoin.
- Les députés européens UMP siègent au sein du Parti populaire européen aux côtés de l’AKP, le parti du Premier ministre turc Erdogan.
- Les députés européens UMP soutiennent le plus ardent avocat de l’adhésion turque, M. Barroso, pour un nouveau mandat de Président de la Commission
- La majorité UMP, sous l’impulsion du chef de l’Etat, en réformant la Constitution française le 21 juillet 2008, a supprimé le référendum obligatoire instauré par Jacques Chirac
pour toute nouvelle adhésion à l’UE. La consultation des Français par référendum sur l’adhésion de la Turquie n’est plus obligatoire, les élites ont les mains libres pour faire avancer la Turquie
en Europe, contre la volonté des peuples.
La position de l’UMP, du chef de l’Etat Nicolas Sarkozy, des députés de la majorité, des membres du gouvernement, des députés européens qui siègent à Strasbourg n’est pas claire. Ils se
prononcent contre l’entrée de la Turquie et agissent en faveur de l’adhésion turque. A ce point là, ce n’est plus du grand écart, c’est de la schizophrénie.